Canicule au travail : quelles obligations concernant l’eau fraîche ?

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Eau fraîche et fortes chaleurs : que doit prévoir l’employeur ?

En cas d’épisode de chaleur intense, l’employeur doit fournir suffisamment d’eau potable fraîche et prévoir un moyen de la maintenir au frais à proximité des postes de travail. Sur les chantiers où l’installation de l’eau courante est impossible, au moins 3 litres d’eau par jour et par travailleur doivent être mis à disposition. La chaleur peut provoquer une déshydratation, un épuisement et, dans les situations les plus graves, un coup de chaleur. L’employeur doit donc anticiper les périodes de canicule, faciliter l’accès à l’eau et adapter l’organisation du travail aux conditions météorologiques. Depuis le 2 juin 2025, le Code du travail renforce les mesures de prévention applicables lors des épisodes de chaleur intense. Elles concernent les salariés travaillant à l’extérieur, mais aussi les bureaux, ateliers, entrepôts et locaux insuffisamment ventilés.

Les obligations de l’employeur concernant l’eau fraîche

Les points d’eau doivent être facilement accessibles, notamment pour les salariés affectés à des postes extérieurs ou éloignés des locaux. Le Code du travail numérique détaille les mesures à prévoir en cas de fortes chaleurs. La réglementation n’impose pas systématiquement l’installation d’une fontaine à eau. Selon la configuration des locaux, l’employeur peut recourir au réseau d’alimentation, et à des contenants isothermes. La solution retenue doit surtout garantir un accès continu à une eau saine et fraîche.

Quelle quantité d’eau prévoir sur un chantier ?

Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, l’employeur doit permettre aux travailleurs de boire et de se rafraîchir. Lorsqu’un raccordement au réseau est impossible, la quantité minimale prévue par l’article R4534-143 du Code du travail est de 3 litres d’eau par jour et par travailleur. Ce volume constitue un minimum réglementaire. Les besoins réels peuvent être plus importants selon la température, l’intensité de l’effort, la durée d’exposition et les équipements de protection portés. Découvrez quelle quantité d’eau prévoir sur un chantier selon l’effectif et les conditions de travail.

Pour les entreprises du BTP, une fontaine à eau adaptée au chantier facilite la distribution d’eau fraîche depuis la base vie, sous réserve de disposer d’une capacité suffisante.

Comment organiser la distribution d’eau en entreprise ?

Aucune température précise n’est imposée

La réglementation ne fixe pas une température de distribution comprise entre 10 et 15 °C. Le choix du dispositif doit tenir compte du nombre d’utilisateurs, de la température du local, de la distance avec les postes de travail et des consommations aux heures de pause. Dans des locaux raccordables au réseau, une fontaine à eau sur réseau limitera le stockage de bouteilles ou de bonbonnes en plastique. La fontaine devra toutefois être correctement dimensionnée pour conserver un débit suffisant pendant les périodes d’utilisation intensive.

Entretenir les points d’eau

Une fontaine mal entretenue peut favoriser l’encrassement des buses, du bac récupérateur ou des circuits internes. Le nettoyage et la maintenance doivent donc être adaptés au modèle, à la fréquence d’utilisation et aux recommandations du fabricant. Il convient notamment de :

  • nettoyer régulièrement les surfaces et les buses de distribution ;
  • remplacer les filtres selon les préconisations du fabricant ;
  • contrôler l’état des raccordements et des évacuations ;
  • désinfecter périodiquement les parties sensibles ;
  • augmenter la surveillance pendant les périodes de forte utilisation.

Pour aller plus loin, consultez les principales règles sanitaires applicables aux fontaines à eau.

Les autres mesures de prévention contre la chaleur

L’employeur doit aussi évaluer les risques liés à la chaleur et mettre en place des mesures adaptées à chaque poste. Selon l’activité et la configuration des locaux, il peut notamment :

  • décaler les horaires afin d’éviter les heures les plus chaudes ;
  • augmenter la fréquence ou la durée des pauses ;
  • prévoir des espaces de repos ombragés ou plus frais ;
  • réduire les efforts physiques les plus intenses ;
  • installer des stores, des ventilateurs ou une ventilation adaptée ;
  • fournir des vêtements de travail respirants lorsque l’activité le permet ;
  • informer les salariés sur les signes de déshydratation et de coup de chaleur.

L’INRS présente les principales mesures de prévention du travail à la chaleur, notamment l’adaptation des horaires, et la mise à disposition d’eau fraîche à proximité des travailleurs.

Droit de retrait et contrôle de l’employeur

Quel est le rôle de l’inspection du travail ?

L’inspection du travail peut vérifier l’évaluation des risques liés à la chaleur et les mesures effectivement mises en œuvre dans l’entreprise. En cas d’insuffisance, l’employeur peut faire l’objet d’observations, d’une mise en demeure ou d’autres suites adaptées à la nature et à la gravité du manquement. Les actions prévues doivent être intégrées à l’évaluation des risques professionnels. Il est également utile de conserver une trace des adaptations mises en place : horaires modifiés, pauses supplémentaires et information des salariés.

Un salarié peut-il exercer son droit de retrait ?

Un salarié peut exercer son droit de retrait lorsqu’il a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Une chaleur extrême associée à une déshydratation ou à des mesures de prévention insuffisantes peut contribuer à caractériser ce danger. La légitimité du retrait reste toutefois appréciée au cas par cas, en fonction des conditions réelles de travail et des protections mises en place. Les conditions générales sont précisées sur la page de Service-Public consacrée au droit de retrait.

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