Eau potable et canicule : une obligation à anticiper sur chaque chantier
Trois litres minimum par personne : une règle à respecter pendant les fortes chaleurs Travail en extérieur, efforts physiques, port d’équipements de protection et absence d’ombre augmentent rapidement les risques de déshydratation et de coup de chaleur dans le BTP. En cas de canicule sur un chantier, l’employeur doit donc garantir aux équipes un accès permanent à une quantité suffisante d’eau potable fraîche. Lorsqu’aucun raccordement au réseau n’est possible, le Code du travail fixe un minimum de trois litres par jour et par travailleur. Ce volume constitue cependant un seuil minimal et non une quantité automatiquement suffisante pendant les fortes chaleurs. L’effectif présent, l’intensité du travail et l’éloignement des postes doivent également être pris en compte pour organiser l’approvisionnement. Que prévoit le Code du travail sur un chantier ? L’article R.4534-143 du Code du travail impose à l’employeur de mettre à disposition du personnel de l’eau potable et fraîche afin qu’il puisse se désaltérer et se rafraîchir. Lorsqu’aucun raccordement ne peut être installé, la quantité disponible doit atteindre au moins trois litres par jour et par travailleur. Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, des mesures complémentaires s’appliquent lors d’un épisode de chaleur intense. Celui-ci est caractérisé dès que Météo-France place le département en vigilance jaune, orange ou rouge. L’employeur doit alors : Ces obligations s’ajoutent aux autres dispositions applicables aux entreprises durant une canicule au travail. Les trois litres sont-ils obligatoires sur tous les chantiers ? La règle des trois litres ne s’applique pas uniquement pendant une canicule. Elle concerne les sites sur lesquels il est impossible de mettre en place un raccordement au réseau. En présence d’un point d’approvisionnement accessible, l’employeur doit toujours fournir de l’eau potable fraîche, mais aucun volume journalier uniforme n’est fixé. Durant une vague de chaleur, trois litres ne représentent pas non plus un plafond ni une recommandation de consommation individuelle. Il s’agit de la quantité minimale à mettre à disposition sans raccordement. Les besoins réels peuvent être supérieurs selon : L’approvisionnement doit être ajusté aux conditions réelles du terrain et vérifié tout au long de la journée. Comment calculer le volume à prévoir ? Le calcul minimal est simple : il faut multiplier l’effectif présent par trois litres. Pour des bonbonnes de 18,9 litres, le résultat doit être arrondi au contenant supérieur. Effectif présent Minimum sans raccordement Bonbonnes de 18,9 litres 5 15 litres 1 bonbonne 10 30 litres 2 bonbonnes 20 60 litres 4 bonbonnes 30 90 litres 5 bonbonnes 50 150 litres 8 bonbonnes Ces quantités ne comprennent aucune réserve de sécurité. Il faut prévoir des contenants supplémentaires lorsque la chaleur, les efforts ou l’impossibilité de réapprovisionner le site peuvent entraîner une consommation plus importante. Le nombre de points de distribution doit également être adapté à l’effectif et à l’étendue des lieux. Notre guide permet de déterminer plus précisément la capacité d’une fontaine à eau selon le nombre d’utilisateurs. Quelle solution de distribution choisir sur un chantier ? Le dispositif à choisir dépend principalement de la durée des travaux, de la mobilité du site et de la présence d’un raccordement au réseau d’alimentation et à l’électricité. Configuration Solution adaptée Point de vigilance Base-vie fixe raccordée avec électricité Fontaine sur réseau Débit suffisant et installation protégée Base-vie sans raccordement Fontaine à bonbonne Stockage et remplacement des bonbonnes Site mobile sans électricité Contenants isothermes ou bouteilles scellées Réapprovisionnement quotidien Grande zone de travaux avec plusieurs secteurs Plusieurs points de distribution Proximité réelle avec les postes Une fontaine sur réseau convient à une base-vie stable disposant d’un raccordement adapté. Elle évite le stockage de contenants et assure une distribution continue, à condition de choisir un débit correspondant aux pics de consommation. La fontaine à bonbonne est plus simple à installer sur un site temporaire dépourvu de raccordement. Elle nécessite néanmoins une prise électrique pour réfrigérer son contenu, ainsi qu’un stock suffisant de bonbonnes conservées dans de bonnes conditions. Pour les postes mobiles ou isolés, des bouteilles scellées ou des contenants isothermes réservés à la boisson restent nécessaires. Pour un équipement permanent, découvrez nos fontaines à eau pour les entreprises du BTP et les environnements industriels. Comment préserver la fraîcheur et la qualité de l’eau ? La réglementation n’impose pas une température précise, mais celle-ci doit rester fraîche durant toute la journée. Une fontaine ou un contenant placé en plein soleil ne permet donc pas de répondre correctement à cette exigence. Le point de distribution doit être : Quelles mesures compléteront la distribution ? La mise à disposition de boissons ne suffit pas à elle seule à protéger le personnel. Le risque lié à la chaleur doit être évalué et intégré au document unique d’évaluation des risques professionnels ainsi qu’aux documents de prévention propres aux travaux lorsqu’ils sont requis. Dès la vigilance jaune, l’employeur doit mettre en œuvre des mesures adaptées, par exemple : Il n’existe pas de température maximale nationale entraînant automatiquement l’arrêt du travail, ni de durée de pause identique pour tous les sites. Les mesures doivent être déterminées selon les risques observés, les tâches réalisées et les conditions météorologiques locales. Quand faut-il arrêter un chantier pour cause de canicule ? Lorsque les mesures de prévention ne permettent plus de garantir la santé et la sécurité du personnel, l’employeur doit suspendre les tâches concernées. Une vigilance rouge ne provoque pas automatiquement l’arrêt de tous les chantiers, mais elle impose une réévaluation immédiate des conditions de travail. Le régime de chômage-intempéries du BTP peut couvrir certains arrêts liés à la canicule. En principe, l’arrêt doit intervenir entre le 1er juin et le 15 septembre, dans un département placé en vigilance orange ou rouge, ou concerné par un arrêté préfectoral ordonnant une suspension d’activité. En 2026, CIBTP France a avancé l’ouverture de cette période au 26 mai pour les départements concernés par l’épisode précoce. L’entreprise doit ensuite respecter la procédure prévue par sa caisse. Une fontaine est-elle obligatoire sur un chantier ? Le Code du travail n’impose pas un modèle précis de distributeur. L’obligation porte sur la fourniture d’une quantité suffisante d’eau






























